un toubab au sénégal
comment découvrir un pays
Titre du blog :
un toubab au sénégal
Description :
Auteur : jean marc
Flux RSS
Créer votre blog gratuit
|
UN VOYAGE EN AFRIQUE |
0 commentaire | Ajouter un commentaire | |
|
UN VOYAGE EN AFRIQUE
Il faut bien que cette fois je laisse un récit de mon voyage au Sénégal, je perds déjà doucement la notion du temps européen, et j’ai peur que ce temps finisse par tout emporter, et que je ne puisse plus alors donner un ordre aux choses vécues, aux rencontres, aux bonheurs… Il est déjà si difficile de retrouver les faits, alors, les sentiments… Il ne sera pas facile de décrire dans l ordre ce qui se bouscule, ce qui justement amène un grand désordre, ce qui est de l ordre du ressenti et ce qui fait partie d une réalité rationnelle qui puisse être mesure, compte, pour autant qu on puisse traduire le tout en monnaie unique et en système métrique. Tant pis. Mettons nous à l’eau, on verra bien ou aboutira cette quête |
|||
Ajouté le 12/09/2010 à 09h59 Partager
Twitter
Facebook
|
Dernière modification fait le 13/09/2010 à 06h23 | ||
|
Samedi 21 août 2010 |
0 commentaire | Ajouter un commentaire | |
|
Il est 4 heures. Je me suis pourtant persuade de dormir jusqu a 5 heures.
La journée sera longue, et je sens déjà le stress monter en moi. Hier a été un peu bouscule. Même Marie était surprise de ne pas avoir eu de mes nouvelles. Sofiene est remonte du sud, il veut me voir absolument avant que je ne parte. Roland me demande de pouvoir faire quelques courses, avant de passer au foyer voir Babacar. Je râle intérieurement, je n aime pas trop la bousculade de ces derniers moments avant un départ, un voyage dont je ne sais rien encore, tant j ai laisse faire le hasard, tant j ai pour une fois tout délègue. Fallou m attend, c’est sur. Mais qu attend t il ? Je sais déjà que je vais forcement le décevoir : je ne peux plus reculer, dans deux mois, je serai au Togo. Une déception de plus après son échec au bac… Et puis reviennent les images… Ce quartier très pauvre, ces rues corridors qui descendent et s enfoncent dans le noir, cette vieille baraque en tôle au fond d une cour aux murs noirs, avec pour seule lumière le sourire d un petit mec de banlieue qui m appelle père alors que je ne le suis pas… Qu a-t-il pu préparer pour mon arrivée ? |
|||
Ajouté le 12/09/2010 à 10h06 Partager
Twitter
Facebook
|
|||
|
Préparation |
0 commentaire | Ajouter un commentaire | |
|
Je chasse desesperement d autres images, et j essaye de me raisonner.
C est ces punaises et ces cafards gigantesques dont j ai fait la connaissance il y a trois ans, et je les imagine courant et s amusant des trous noirs de ces murs abîmes de trop d humidité… Dieu qu il est dur de chasser ces images, pourquoi faut il toujours ne retrouver que les cauchemars quand on se creuse la mémoire ? Il est 4 heures, et je me lève a coup de cafard sur la peau… J allume l ordinateur, plus pour chasser ces images que pour consulter des documents : je laisse le contrôle de mes valises : c est Roland et Fréjus qui les ont complétées hier. Et je fais défiler sur l écran quelques images plus agréables avant de vérifier la liste de numéros de téléphone et d adresses du Sénégal. Je regroupe les papiers du voyage sur le cote du bureau, et je regarde ma montre : je dois prendre ma douche. Quelques minutes sous l eau me font un bien fou. Ma troisième tasse de café, je m’oblige à me limiter, se promener à Paris a la recherche de toilettes n’est pas très agréable, et sûrement pas malin. Roland et Fréjus sont debout. 6 h 20 : nous partons pour la gare. |
|||
Ajouté le 12/09/2010 à 10h10 Partager
Twitter
Facebook
|
|||
|
Début de voyage |
0 commentaire | Ajouter un commentaire | |
|
La grosse valise présente des faiblesses : les roues paraissent plus décoratives qu efficaces. Pour l instant, c est Roland qui la traîne.
Je monte dans le train, maintenant, je ne peux plus reculer. Parce que je suis comme ça : cette tentation n’a pas cesse de m habiter depuis des semaines. Quitter son petit confort, pour l’inconnu ne m a jamais été facile. J ai toujours trouve la force de le faire en m appuyant sur les autres, pour ne plus avoir que le choix d avancer, par fierté, par orgueil mais l essentiel est que ce soit efficace. Et puis, c est la préparation au Togo… Dans le train, j essaye de me concentrer sur le décor. Je change à Metz pour un TGV. Arrive sur le quai, je repère la place qui m est réservée, et je me surprend a parler tout haut : je suis en queue de rame, je suis bon a remonter tout le train a Paris, avec la valise la plus lourde a traîner. Le voyage est rapide, le train a l heure. Pour une fois, ce n’est pas de chance, je vais être en avance. A l'arrivée, je trouve mes valises encore plus lourdes ; il fait chaud. Une fois le train remonte, je m'aperçois qu a chaque tour de roue, petites au demeurant, cette saloperie se traîne plus lourdement… Et je me souviens de la suggestion de Roland : le taxi. J’en soupèse les avantages et les inconvénients. Arrive sur le pave, le choix s impose de lui-même, et je marche vers la station de taxi la plus proche… 45 minutes et 30 euros plus tard, je suis arrive au terminal d Orly Ouest, mes valises devant l aérogare, perdu comme d’habitude… |
|||
Ajouté le 12/09/2010 à 10h11 Partager
Twitter
Facebook
|
|||
|
Orly |
0 commentaire | Ajouter un commentaire | |
|
Je vais aux renseignements, tirant sur cette put… de valise, de plus en plus récalcitrante : je suis au bon endroit. Bonne nouvelle.
Je cherche le guichet d’Air Europe, au fond du hall, dans l’espoir de pouvoir enregistrer mes bagages. La réponse est immédiate… et sans appel : l’enregistrement des bagages ne se fait que deux heures avant le départ avec l accent indéfinissable d une étrangère qui donne pour la centième fois la même réponse qu elle semble débité avec un automatisme tel, qu on a envie de se repasser la bande… Je m en doutais. Un coup d œil sur ma montre me démontre sans peine qu une longue attente va maintenant me payer de ma vieille obsession : celle d être toujours en avance, pour pouvoir gérer les imprévus… Direction le magasin de journaux, il va falloir faire passer le temps. Le terrorisme m emmerde, faites passer le message. C’est en traînant mes deux valises dont je ne peux me séparer, puisqu une bombe de mousse a raser y présente visiblement un danger « pouvant aller jusqu a une amende de 18000 euros », je bouscule et les gens et les présentoirs et y trouver un journal, qui puisse m aider a passer le temps : je n’ai après tout que six heures d’attente. Tiens, c’est un africain à la caisse. D ou venez vous, monsieur ? Je ne viens pas, je vais à Dakar. Excusez moi, c’est la chemise, je reconnais le tissu africain. Bon voyage. J’ai toujours été très fier de la porter, ma chemise. Comme un trophée. Je me sens bien africain. Et je suis heureux, ce mec vient de me confirmer dans mon choix, oublie les cafards, s’il n’y avait cette putain de valise, dont le contenu devient plomb un peu plus a chaque mètre parcouru. Il est 11 heures, je m installe a la brioche dorée, dont le nom, vu le prix du jambon beurre me fait plus penser a la couleur du fond du tiroir de caisse, qu a la couleur du pain… Et je m assied a une table pour lire tranquillement les dernières nouvelles de France, que je suis de plus en plus heureux de pouvoir oublier… |
|||
Ajouté le 12/09/2010 à 10h15 Partager
Twitter
Facebook
|
|||
|
Casse croute |
0 commentaire | Ajouter un commentaire | |
|
Je vais aux renseignements, tirant sur cette put… de valise, de plus en plus récalcitrante : je suis au bon endroit. Bonne nouvelle.
Je cherche le guichet d’Air Europe, au fond du hall, dans l’espoir de pouvoir enregistrer mes bagages. La réponse est immédiate… et sans appel : l’enregistrement des bagages ne se fait que deux heures avant le départ avec l accent indéfinissable d une étrangère qui donne pour la centième fois la même réponse qu elle semble débité avec un automatisme tel, qu on a envie de se repasser la bande… Je m en doutais. Un coup d œil sur ma montre me démontre sans peine qu une longue attente va maintenant me payer de ma vieille obsession : celle d être toujours en avance, pour pouvoir gérer les imprévus… Direction le magasin de journaux, il va falloir faire passer le temps. Le terrorisme m emmerde, faites passer le message. C’est en traînant mes deux valises dont je ne peux me séparer, puisqu une bombe de mousse a raser y présente visiblement un danger « pouvant aller jusqu a une amende de 18000 euros », je bouscule et les gens et les présentoirs et y trouver un journal, qui puisse m aider a passer le temps : je n’ai après tout que six heures d’attente. Tiens, c’est un africain à la caisse. D ou venez vous, monsieur ? Je ne viens pas, je vais à Dakar. Excusez moi, c’est la chemise, je reconnais le tissu africain. Bon voyage. J’ai toujours été très fier de la porter, ma chemise. Comme un trophée. Je me sens bien africain. Et je suis heureux, ce mec vient de me confirmer dans mon choix, oublie les cafards, s’il n’y avait cette putain de valise, dont le contenu devient plomb un peu plus a chaque mètre parcouru. Il est 11 heures, je m installe a la brioche dorée, dont le nom, vu le prix du jambon beurre me fait plus penser a la couleur du fond du tiroir de caisse, qu a la couleur du pain… Et je m assied a une table pour lire tranquillement les dernières nouvelles de France, que je suis de plus en plus heureux de pouvoir oublier… |
|||
Ajouté le 12/09/2010 à 10h19 Partager
Twitter
Facebook
|
Dernière modification fait le 13/09/2010 à 06h29 | ||
|
Attente |
0 commentaire | Ajouter un commentaire | |
|
Au bout d’une demie heure, le journal est lu pour l’essentiel, et je regarde passer des chariot a bagage, avant de réaliser qu ils pourraient me rendre un précieux service : je calle mes valises sur l’un d’eux, et je commence, histoire de me détendre, a faire le tour du terminal…
Il y a des minutes qui deviennent des heures, et je n en finis pas d’attendre… Apres une après midi de vas et viens entre la station de taxi et les portes du départ, il y a enfin quelque mouvements , et, quelques minutes après quinze heures, je peux enfin me décharger de mes encombrants bagages. Et finalement, je profite d’un dernier tour dans l'aérogare avant d’aller m’enfermer dans le sas de départ. Cette dernière cigarette a un goût différent : elle sent je ne sais quoi de liberté, de bonheur. J’ai vide mes poches, je dois juste enlever ma montre, je pose mon sac sur le tapis, et je passe sans problème sous le portail de détection : une habitude que j ai trouvée sans problème par mes fréquentes visites en prison. |
|||
Ajouté le 12/09/2010 à 10h21 Partager
Twitter
Facebook
|
|||
|
en vol |
0 commentaire | Ajouter un commentaire | |
|
Je suis maintenant dans la dernière ligne droite avant le départ, l’avion est déjà la.
J ai encore une heure pour voir monter l angoisse : je n aime pas les sensations du décollage. Je regarde les avions parques non loin, et tout naturellement, je pense aux dernières catastrophes aériennes : je n’ai rien trouve de mieux a faire ces dernières semaines, que de suivre assidûment une série sur ce thème… quel con, voila le retour de bâton. C’est incroyable l’énergie qu il faut déployer pour chasser des idées qui reviennent sans cesse… Les hôtesses sont la, la file se forme. Vieux briscard du voyage aérien je domine mes angoisses en jouant le blase de service, qui sait attendre… Je suis bientôt installe dans l’avion pour Madrid, 2 heures de vol. J’ai pris la précaution de vérifier la météo ce matin, on devrait éviter les turbulences… Je ne m’y ferai jamais, au décollage de l’avion. Il est difficile de serrer les dents, en même temps qu’ouvrir la bouche pour déboucher les oreilles perturbées par la rapide montée de l’avion. Ce n’est qu’une fois a la bonne altitude que je finis par me détendre un peu. |
|||
Ajouté le 12/09/2010 à 10h24 Partager
Twitter
Facebook
|
Dernière modification fait le 13/09/2010 à 06h31 | ||
|
Madrid |
0 commentaire | Ajouter un commentaire | |
![]() Déjà vue, mais toujours aussi déroutante.
Personne pour indiquer la correspondance, personne pour répondre en français, un aéroport comme une ville, et arrive au terminal T, je n’ai pas beaucoup besoin de réfléchir en lisant sur mon billet que le vol de Dakar décollera du terminal AB. Et courageusement, je commence la révision de l’alphabet à l’envers. Un siècle et demi plus tard, après quelques kilomètres de marche, j’arrive enfin et je repère sans problème le bon terminal : il n y a que des noirs. La plupart prient, je regarde ma montre, c’est mon premier contact avec l heure africaine. L’attente n’est pas trop longue : la longue marche dans les couloirs aura permis de faire tourner la montre… L’embarquement aussi est rapide, l’avion n’est pas plein. Une petite sénégalaise est ravie de m’affirmer qu’à la lecture de son billet qui annonce une arrivée à 23 h 15, le voyage ne va durer que deux heures. Je suis oblige de parler vrai ; il y a deux heures de décalage horaire, et ça fait six heures. Je vois sa tête changer, et je regrette d'avoir casse son rêve : elle aurait pu s’endormir en y croyant… L’avion est plus grand que le précédent, le décollage est plus doux, si ce n’est une file d’avions qui nous précèdent sur le tarmac et qui nous retardent. |
|||
Ajouté le 12/09/2010 à 10h27 Partager
Twitter
Facebook
|
|||
|
Un vol long |
0 commentaire | Ajouter un commentaire | |
|
Qu’il est long ce vol.
Mal installe, dans l’incapacité de trouver une position pour me reposer, j’ai le temps de lire, et de penser… Merde, je n’ai pas vérifie ce matin la météo sur Dakar… A quoi tiennent les conditions de l’arrivée… Pourtant, pas vraiment d’inquiétude réelle, je suis déjà à Dakar dans ma tête. Et je suis bien. L’avion amorce sa descente, l’impatience mêlée d’inquiétude son ascension. Que vais-je trouver à l’arrivée ? Il y a le mauvais souvenir du dernier départ de Dakar, celui de la cohue de l’arrivée aussi, tout se mêle et s’emmêle, j’essaye de retrouver Fallou dans les dernières photos, mais décidément, plus j’insiste, plus tout devient flou. Rien a faire, j’ai note sur la feuille de vol que je partais pour Pikine, j’y ai déclare l’adresse de la famille de Babacar, j espère que je vais reconnaître Fallou, pour lui, ça devrait être moins dur… |
|||
Ajouté le 12/09/2010 à 10h28 Partager
Twitter
Facebook
|
Dernière modification fait le 13/09/2010 à 06h34 | ||
Page : 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 >